Onze ans. C’est le temps écoulé entre Legacy of the Void, sorti en 2015, et la BlizzCon 2026 — la plus longue absence de la franchise StarCraft. Blizzard a mis fin à cette attente lors de la cérémonie d’ouverture du festival : un nouveau StarCraft est en développement, prévu pour le printemps 2030. La surprise, toutefois, réside dans le genre choisi : non pas un jeu de stratégie en temps réel, mais un shooter en monde ouvert.
Dominion : ce que montre le trailer cinématique
Intitulé Dominion en interne, le jeu n’a pas encore de sous-titre officiel — il s’appelle simplement StarCraft. La bande-annonce cinématique de trois minutes dévoilée à la BlizzCon plonge le spectateur dans l’entraînement intense d’un Marine Dominion, une faction Terran bien connue des joueurs de la saga RTS originale. Un discours inspirant résonne en fond sonore, évoquant la guerre contre les Zergs. La séquence se conclut sur un affrontement brutal entre notre héros anonyme et ces aliens — toujours aussi repoussants — avant que le logo apparaisse à l’écran.
Ce que le trailer ne montre pas est peut-être plus révélateur : aucune image de gameplay. Pas d’interface, pas de séquence de jeu, pas de mécaniques visibles. Le jeu se déroule 70 ans après les événements de StarCraft II : Legacy of the Void et ramène les joueurs dans le secteur Koprulu — théâtre de la guerre éternelle entre Terrans, Zergs et Protoss — mais sous un angle radicalement différent.
À retenir : StarCraft sera un shooter en monde ouvert, pas un RTS. Le jeu est prévu pour le printemps 2030. Seul un trailer cinématique a été montré à la BlizzCon 2026 — aucun gameplay pour l’instant.
Dan Hay aux commandes : du Far Cry au secteur Koprulu
Le projet est confié à Dan Hay, une figure bien connue de l’industrie. Avant de rejoindre Blizzard en 2022, il a dirigé la franchise Far Cry chez Ubisoft Montréal de l’épisode 3 (2012) à l’épisode 6 (2021) — une décennie de mondes ouverts, de narrations frontales et de liberté d’action. Son profil creuse une question évidente : quelle sorte de StarCraft allons-nous obtenir ?
Dan Hay a décrit sa vision lors de la présentation : « Notre équipe a été constituée avec un seul objectif : revenir dans un univers forgé par la guerre interstellaire. C’est inédit — un shooter en monde ouvert où chaque pas doit se mériter. Non pas vu d’en haut, mais au ras du sol, dans la boue, dans les flammes. »
Ce transfert créatif — de la stratégie vue du dessus à l’action à la première personne au ras du sol — est au cœur de ce qui distingue ce StarCraft de ses prédécesseurs. Là où StarCraft II vous plaçait comme un général déplaçant des unités sur une carte, ce nouveau jeu vous met dans les bottes d’un soldat qui combat pour survivre.
StarCraft sans stratégie en temps réel : une décision assumée
La question que toute la communauté pose est simple : pourquoi un shooter ? StarCraft a bâti sa réputation mondiale sur la stratégie en temps réel, au point de devenir un véritable sport national en Corée du Sud. Abandonner ce genre pour le monde ouvert, c’est assumer un virage à 180 degrés — et une prise de risque considérable.
La décision s’explique peut-être par l’état du marché. Les jeux de stratégie en temps réel sont en recul depuis une décennie ; les shooters en monde ouvert restent un terrain commercial fertile. En confiant ce projet à Dan Hay, Blizzard envoie un signal clair : ce nouveau StarCraft vise un public plus large que les fidèles du RTS, sans pour autant abandonner l’univers de la franchise.
Un horizon 2030 et de nombreuses inconnues
Au-delà du genre, les zones d’ombre sont nombreuses. Aucune plateforme n’a été confirmée officiellement — certaines sources évoquent PC et Xbox, mais rien de définitif. Le mode de jeu (solo, coopératif, multijoueur), le modèle économique et la structure de la progression restent non communiqués.
La franchise porte aussi ses cicatrices. StarCraft: Ghost, un shooter à la troisième personne annoncé au début des années 2000, a été annulé en 2006 après des années de développement difficile. Ce précédent n’invite pas à l’euphorie — même si Blizzard en 2026, sous l’égide de Microsoft, est un studio dans une situation très différente.
Blizzard n’a par ailleurs pas annoncé de StarCraft III : ce jeu est volontairement positionné comme une œuvre à part entière, un angle original sur l’univers plutôt qu’une suite directe. Le printemps 2030, c’est encore loin — mais l’annonce elle-même marque un tournant. Après onze ans de silence, l’une des licences les plus emblématiques du jeu vidéo sort enfin de sa torpeur. La question est maintenant de savoir si les fans de la première heure suivront sur ce nouveau terrain.

